Le transport roumain : 40 % moins cher qu’en France

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Le transport roumain : 40 % moins cher qu’en France

Le Comité National Routier vient de publier une monographie du transport routier roumain. Sans surprises : derrière la dynamique du pavillon roumain se cachent d’indéniables avantages compétitifs liées à la forte productivité du travail.

L’activité de transport routier de marchandises est en pleine expansion depuis l’entrée du pays dans l’Union européenne. On constate ainsi une croissance de plus de 50% de l’activité entre 2010 et 2015, avec notamment un doublement de l’activité internationale, qui compense une stagnation de l’activité nationale sur la même période. L’essentiel de l’activité internationale du pavillon roumain concerne notamment les relations entre pays tiers dans l’Ouest de l’Europe. Et le CNR de préciser qu’«avec plus de 1 400 km, la distance moyenne d’une relation internationale réalisée par le pavillon roumain est largement au-dessus des valeurs habituelles. Les principaux marchés du pavillon roumain sont l’Allemagne, la France, l’Italie, l’Espagne et le Royaume-Uni tant au niveau des chargements que des déchargements.»

Bien évidemment cette forte croissance à l’international tient à la disponibilité des conducteurs pour des longues tournées et des coûts kilométriques bas. « En effet, note le CNR, les véhicules roumains sont exploités dans un souci d’optimisation maximale. Il est courant de rencontrer des transporteurs qui déclarent un kilométrage moyen par véhicule de près de 180 000 km. » Cette situation est réalisable grâce à la maximisation des heures de conduite du planning des conducteurs et des trajets longs sans beaucoup d’opérations de manutention. Les transporteurs roumains sont aussi souvent «mono produit», sur le créneau de la longue distance internationale, ce qui leur permet de garder un ratio semi-remorque/tracteur bas. Curieusement, le double équipage n’est pas particulièrement développé.
Côté coûts de revient, le pavillon roumain profite bien sûr du coût très bas du personnel de conduite et de sa forte productivité. Le salaire brut annuel d’un conducteur est, en moyenne, de … 5062€ (contre  29544 en France). Le conducteur compense un peu ces basses rémunérations par des indemnités de déplacement élevées (11550€/an). Le taux de charge n’est que 23% (contre 30,3 % en France). Enfin, ultime avantage : un conducteur roumain conduit en moyenne 1980 heures par an (1551 en France). Le rapport entre des salaires et charges bas et un niveau élevé de conduite fait que le coût horaire d’un conducteur est ici de 8,98€ (30,62€ en France).
Au final, selon les calculs du CNR issus des entretiens sur place, le coût kilométrique (hors coût de structure) en Roumanie, en raison de ses avantages sociaux, est 40 % en dessous de son niveau français. Et le CNR de conclure que «ceci concorde avec les déclarations des professionnels qui disent avoir un coût de revient kilométrique total dans la fourchette de 75 à 90 centimes d’euro selon la destination et la saison.»

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